photos de famille, ce qu’on en dit

Quels rapports entretenons-nous avec nos photos de famille ? Est-ce que le simple fait de retrouver nos photos participe à l’effacement nos souvenirs ? Dans quels états seraient nos mémoires sans nos albums photos ?
En interrogeant son album personnel, Éric Pessan nous entraîne sur notre propre chemin parcouru.
Alors même que le dévoilement de ses souvenirs intimes ou de ses coups de cœur artistiques auraient pu nous laisser spectateur, c’était sans compter la générosité de sa démarche et de son écriture. Avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, il nous invite à nous laisser fêter nos propres retrouvailles familiales.
De la photographie d’un chêne qui interroge notre (non) trouille de l’orage, à la R12 familiale, en passant par la grand-mère et sa sœur communiantes, on se balade et on picore cette poésie du souvenir, ce qui nous reste et ce qui a fui. Toujours magnifiquement édité par L’œil ébloui et accompagné par le trait délicat et sensible de Delphine Bretesché, on se délecte de ce nouveau petit bijou.

Librairie Lis&moi (Vertou), juin 2020


Lucidité de poèmes qui donnent chair à des photographies d’un autrefois de l’auteur (alors forcément un brin mélancolique). Ekphrasis est le terme savant qui désigne cette forme littéraire.

Librairie L’Ivraie (Douarnenez), juin 2020


1. J’aime la transparence de ce volume qui fait resurgir une émotion simple comme une flèche mais j’aime aussi sa densité qui promet la réflexion, le questionnement et les belles trouvailles.
2. Dans les poèmes qui tournent au premier coup d’œil sur l’ordinaire et les choses simples : Chien, Mon grand-père, La photo de classe, Mes cousins et tant d’autres, une vie et des vies se déroulent en nous montrant les évènements et les passages à niveau, les cicatrices et les dorures.
3. Puis, il y a aussi la confrontation familière avec l’extraordinaire et l’unique présents dans Le Givre, La Fée, Le placard, Toi.
4. Merveilleuse cohérence entre le poids des mots tissés par Éric Pessan qui nuance toutes les délicatesses des diverses présences humaines et les dessins de Delphine Bretesché qui délicatement suggère le poids sublimé d’une passoire, d’une fenêtre, d’un rideau, d’une bouteille.
5. Dans ce si beau volume : le réconfort, la nostalgie, l’apaisement et la quiétude se lovent comme une promesse d’une rencontre renouvelée avec l’autre sur la photo mémorisée, sous la paupière et dans une rencontre avec soi-même.

Dorota Walczak, auteure, juin 2020


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L’œil de l’éditeur, mars 2020